La relation des adolescents avec le sport
- Violette Jodoin
- 10 mars
- 4 min de lecture
Saviez-vous que beaucoup d’adolescentes décident d’abandonner le sport ? C’est une information malheureuse qui touche presque la moitié des jeunes filles au Canada. Suite à cela, j’ai eu la chance de questionner une quinzaine de jeunes pour en connaître plus sur leur relation avec le sport.
L’adolescence, c’est le moment où les jeunes sont les plus susceptibles de lâcher le sport. J’ai voulu un peu investiguer pour savoir les raisons de cela et comment les jeunes sportifs de mon entourage voyaient cette situation. Selon un rapport de l’UNESCO de 2024, 49 % des filles lâchent le sport à l’adolescence, chez les garçons, 8 %. Coachs, coéquipiers, pression, comparaison, uniformes, les raisons pour lesquelles les jeunes lâchent le sport sont nombreuses.
Dans mon sondage, j’ai commencé par demander pourquoi les jeunes aiment leur sport. Les réponses étaient assez diversifiées, mais tournaient souvent autour de l’esprit d’équipe et les relations avec leurs coéquipier.ère.s. Une autre réponse populaire était pour un but de dépassement de soi ou juste une passion profonde pour leur sport.
Même à cela, 56 % des jeunes disent être parfois drainés psychologiquement et émotionnellement par leur sport. Et personnellement, ça m’apporte une certaine forme d’inquiétude. Et en lisant les réponses sur ce qui stresse le plus les jeunes à propos de leur sport, j’ai compris rapidement que l’anxiété de performance, la pression, la compétition font énormément douter les athlètes de 12 à 16 ans. Et ça m’a apporté la réflexion suivante : en tant qu’adolescent.es, quelles sont les solutions si on a envie d’abandonner le sport ou si quelque chose dans le sport nous dérange à un point où ça nous stresse ? J’ai interrogé Charlotte Brossard, une joueuse de volleyball ayant vécu certaines difficultés avec un entraîneur dans le passé.
« La seule raison pour laquelle je n’ai pas abandonné c’est grâce à tout le monde qui m’entourait. Pis les personnes qui m’ont le plus aidé c’était ma capitaine d’équipe et toutes mes coéquipières. L’important, quand tu es dans une situation comme ça, c’est de ne pas juste demander de l’aide à ta famille et tes amis, mais d’en parler avec des gens qui vivent la même chose que toi puisque c’est ces gens-là qui vont t’épauler et qui vont vraiment te soutenir. Dans mon cas, c’était un coach qui avait une attitude plus ou moins correcte avec les athlètes. Et avoir mon équipe de mon bord, ça a tout changé pour moi. Il faut se dire et se faire dire qu’on est pas seul et, toute l’équipe le vit d’une manière différente donc c’est juste vraiment important de communiquer avec ses coéquipières et de créer de bons liens avec elles pour pouvoir s’épauler peu importe la situation. Alors, selon moi, si tu as envie de lâcher un sport, ou que tu vis une situation plus inconfortable, c’est full important de se rappeler que peu importe si c’est un sport d’équipe ou individuel, il y a toujours des gens qui sont là pour nous et pour nous encadrer là-dedans. »
Charlotte Brossard
J’ai voulu prendre la question sous un autre angle ; que faire si un.e ami.e ou coéquipier.e nous confie qu’il.elle compte lâcher le sport ? J’ai posé la question à Laïla Hoang, une amoureuse du sport qui fait principalement de l’escalade.
Selon moi, une façon optimale de convaincre mes ami.e.s de poursuivre le sport c’est en leur parlant des bénéfices que ça a pour moi. J’ai fait du sport toute ma vie et pour moi, c’est quelque chose d’intuitif, qui me fait du bien et qui m’apporte énormément de fierté et de bonheur. De voir que de jour en jour, mes capacités physiques se bonifient et de pouvoir observer mon amélioration, c’est l’une des choses que je préfère en tant qu’athlète. Également, de pouvoir me dire, que tous ces résultats sont les fruits de mes efforts et de mon travail, ça m’apporte tellement de fierté et d’accomplissement de moi-même. Alors, pour encourager mes ami.e.s a continuer d’être actif.ve, je leur parle de ma propre relation avec le sport, à quel point je suis heureuse et fière des objectifs que j’ai atteints dans les dernières années et de ce que l’activité physique m’apporte que rien d’autre au monde ne peut égaler.
Laïla Hoang
Pour finir, j’ai discuté avec Sabrina Calero, responsable de Fillactive au Collège Reine-Marie.
Si je vous disais que 49 % des filles et 8 % des gars lâchent le sport à l’adolescence, est-ce que c’est une statistique étonnante pour vous ?
Pour moi, la statistique n’est pas ce qui m’étonne le plus, mais plutôt l’écart entre les gars et les filles et c’est un peu à cause de cet écart que Fillactive est né. C’est sûr que quand on rencontre les adolescentes inscrites à Fillactive, on discute un peu de leurs raisons d’être là. Déjà, il y a les facteurs de la puberté qui se manifestent différemment. Par exemple, les jeunes filles sentent qu’elles doivent acheter une brassière de sport pour se sentir plus confortables et moins jugées. Une autre cause fréquente est aussi le sentiment de pression des garçons qui apporte une certaine forme d’anxiété chez les filles. Fillactive c’est vraiment un espace sans compétition et sans pression où autant les filles qui ne font pas de sport, qui ont arrêté le sport ou qui veulent simplement balancer entre leur sport compétitif et en faire juste pour le plaisir sont les bienvenues.
Sabrina Calero
Alors, si vous pratiquez un sport quelconque ou êtes un entraîneur, un enseignant d’éducation physique, un capitaine ou dans n’importe quel domaine qui touche au sport, sachez que vous avez un pouvoir énorme sur l’avenir sportif des jeunes. L’adolescence est le moment où la relation des jeunes avec le sport a des chances de s’effriter pour toutes sortes de raisons. Donc, entourez-vous bien, parlez-en si quelque chose vous inquiète, mais surtout, prenez plaisir à faire du sport.

huh. un deuxième post d'À fleur de mots